Le train au Maroc est le meilleur d'Afrique : roulez en Al Boraq à 320 km/h, découvrez les lignes panoramiques à prendre, et quand un chauffeur privé l'emporte.
Le Maroc possède le meilleur réseau ferroviaire d'Afrique, exploité par l'opérateur national ONCF, et son joyau est Al Boraq — le premier train à grande vitesse du continent, en service depuis novembre 2018 et roulant jusqu'à 320 km/h. Les trains sont vraiment excellents sur l'axe Tanger–Casablanca–Marrakech : rapides, bon marché et confortables. Mais il n'y a aucun train pour le Sahara, le Haut Atlas, Essaouira ou Chefchaouen — et c'est exactement là qu'un chauffeur privé l'emporte.
La plupart des voyageurs voient les trains marocains comme un moyen d'économiser. Le cadrage plus avisé est celui qu'on adopte en Suisse ou au Japon : le trajet en train fait partie du voyage. Regarder la côte atlantique défiler à pleine vitesse, ou les oliveraies de la plaine du Saïss en route vers Fès, est une expérience en soi — pas seulement un transfert entre deux hôtels. Ce guide couvre ce que le réseau fait brillamment, comment rouler en Al Boraq, et la limite honnête où le rail cesse d'être utile.
Nous organisons des voyages privés pour vivre, nous n'avons donc aucun intérêt à survendre le train. Notre rôle est de vous dire quand le train est le meilleur choix — et sur l'axe nord, il l'est très souvent. Voici comment lire la carte.
Le Maroc a-t-il des trains ?
Oui — et ce sont les meilleurs du continent africain. L'ONCF (Office national des chemins de fer) exploite un réseau moderne reliant les grandes villes impériales et côtières. Le système a deux niveaux : la ligne à grande vitesse Al Boraq au nord, et un maillage de trains express intervilles classiques — désormais pour la plupart sous la marque « Al Atlas » — qui couvrent tout le reste. Les voitures sont climatisées, un chariot vend thé, café et collations, et une place réservée est incluse avec chaque billet Al Atlas et Al Boraq.
Le hic, c'est la géographie. La carte ferroviaire couvre la ceinture atlantique peuplée et les villes impériales, mais s'arrête bien avant les paysages les plus célèbres du Maroc. Le Sahara, les cols du Haut Atlas et les petites villes côtières ne sont tout simplement pas sur la ligne — et ne le seront jamais. Le train est donc un outil superbe pour une moitié d'un voyage au Maroc et sans intérêt pour l'autre moitié.

Qu'est-ce qu'Al Boraq, le train à grande vitesse d'Afrique ?
Al Boraq est la première et la seule ligne ferroviaire à grande vitesse d'Afrique, lancée en novembre 2018 par l'ONCF avec des rames dérivées du TGV construites à partir de la technologie ferroviaire française. Elle relie Tanger–Kénitra–Rabat–Casablanca, atteignant une vitesse de pointe de 320 km/h sur la section à grande vitesse dédiée. Le nom vient d'Al-Burāq, la monture ailée mythique de la tradition islamique — un emblème bien choisi pour un train qui a réduit le trajet Tanger–Casablanca de cinq heures éreintantes à environ 2 heures 10.
Aux heures de pointe (grosso modo de 7 h à 21 h), les départs s'enchaînent parfois toutes les 30 minutes, avec des arrêts intermédiaires à Kénitra, Rabat-Agdal et Skhirat. Les sièges sont larges, le roulement souple et silencieux, et il y a de la place pour les bagages. Si votre itinéraire touche Tanger, Rabat ou Casablanca, rouler une fois en Al Boraq vaut la peine pour le plaisir en soi.
“Je conseille à mes nouveaux clients de prendre Al Boraq au moins une fois, même pour un court saut. Cela recadre tout le pays — les gens arrivent en s'attendant au chaos et se retrouvent à glisser le long de la côte à 320 dans une voiture moderne et silencieuse. Puis je les retrouve avec la voiture pour les endroits qu'aucun train ne peut atteindre.”
— Youssef El Alaoui, spécialiste Maroc en chef
Quelles lignes de train valent la peine ?
L'axe nord est le point fort. De Tanger à Casablanca en Al Boraq, c'est le trajet vedette. Depuis Casablanca, les express Al Atlas classiques continuent vers le sud jusqu'à Marrakech en environ 2 h 40, et vers l'est jusqu'à Fès en grosso modo 3 h 45. Ces trois tronçons — Tanger, Casablanca, Marrakech, Fès — sont là où le train bat la voiture en temps, en coût et en confort, car l'autoroute longe la ligne et l'on échappe au trafic.
Les longs trajets fonctionnent aussi, via une correspondance. Marrakech-Tanger est un trajet direct d'environ 5 h 30 à 6 h, avec changement de train (ou en restant simplement à bord d'un service en correspondance) à Kénitra ou Casablanca. Le trajet Fès–Marrakech est long, près de 7 heures, donc la plupart des gens le coupent ou prennent l'avion. En règle générale : si les deux extrémités sont des villes sur la carte ci-dessous, prenez le train ; le paysage sur les tronçons côtiers et de la plaine du Saïss est un bonus qu'on n'a pas derrière un pare-brise sur l'autoroute.
| Ligne | Temps de trajet | Tarif 2e classe approx. | Service |
|---|---|---|---|
| Tanger → Casablanca | ~2 h 10 | ~150 MAD | Al Boraq (grande vitesse) |
| Casablanca → Marrakech | ~2 h 40 | ~90 MAD | Al Atlas intervilles |
| Casablanca → Fès | ~3 h 45 | ~95 MAD | Al Atlas intervilles |
| Marrakech → Tanger | ~5 h 30–6 h | ~210 MAD | Intervilles + correspondance Al Boraq |
| Fès → Marrakech | ~7 h | ~210 MAD | Al Atlas intervilles |
Comment réserver les trains ONCF ?
Réservez en ligne sur oncf.ma ou sur le portail de réservation dédié oncf-voyages.ma, via l'application mobile ONCF Voyages, ou en personne à n'importe quel guichet ou automate de gare. Pour les services Al Boraq et Al Atlas, votre billet est assorti d'une place réservée, donc réserver un jour ou deux à l'avance vous garantit une place — utile les vendredis soir, les retours du dimanche, et autour des fêtes nationales quand les locaux voyagent.
Les tarifs sont peu coûteux selon les standards européens ou nord-américains : une place de 2e classe en Al Boraq à grande vitesse revient à environ 150 MAD (autour de 15 USD), et la 1re classe à quelque 240 MAD. Vous n'avez en général pas besoin de réserver des semaines à l'avance — ce sont des prix au coup par coup, pas une tarification dynamique de compagnie aérienne. Apportez votre passeport ; sur certains services, le personnel vérifie l'identité par rapport à la réservation.
Un mot rapide sur les autres noms d'opérateurs
Vous verrez souvent « Supratours » mentionné. Supratours est la filiale d'autocars (bus) de l'ONCF, et elle existe précisément pour combler les vides que laisse la carte ferroviaire. Les autocars Supratours relient le réseau ferré aux endroits sans gare — les plus célèbres étant Marrakech vers Essaouira et Marrakech vers Agadir — et les billets s'achètent souvent via l'ONCF. CTM est l'autre ligne d'autocars longue distance réputée. Les deux conviennent au voyage économique, mais aucune ne remplace une voiture privée pour la souplesse.
Première ou seconde classe ?
La première classe vous garantit une place réservée dans un compartiment plus calme de six places ou une voiture ouverte avec plus d'espace — cela vaut la peine sur les longs tronçons ou aux heures de pointe. La seconde classe est moins chère et parfaitement confortable, mais sur les départs chargés elle peut se remplir et sembler bondée, et sur certains services classiques la garantie de réservation est plus faible. L'écart de prix est faible en valeur absolue : souvent l'équivalent de quelques dollars seulement.
Notre règle empirique : pour un court saut en Al Boraq, la seconde classe suffit. Pour un trajet intervilles de 3 à 7 heures, ou tout voyage un vendredi, un dimanche ou un jour férié, payez le petit supplément pour la première classe. La place garantie et la voiture plus calme rendent un long trajet bien plus agréable, et cela reste une fraction de ce que vous paieriez pour le même confort en Europe.
Où le train cesse-t-il d'être utile (et où le chauffeur l'emporte) ?
Voici la limite honnête, et elle est nette. Il n'y a aucun train de voyageurs pour Merzouga ou le Sahara, pour le Haut Atlas et le col du Tizi n'Tichka, pour Ouarzazate et le pays des kasbahs, pour Essaouira sur la côte, ou pour Chefchaouen dans le Rif. Or ce sont, pour la plupart des visiteurs, tout l'intérêt d'un voyage au Maroc — les dunes, les cols de montagne, la ville bleue, la Route des Mille Kasbahs. Aucun n'est accessible par le rail.
Pour ces trajets, vous avez trois options : un autocar longue distance (CTM ou Supratours), un circuit guidé en groupe, ou une voiture privée avec chauffeur. Le chauffeur l'emporte chaque fois que le trajet lui-même est l'expérience — le Tizi n'Tichka est une montée cinématographique de quatre heures avec une douzaine de belvédères dignes d'un arrêt, et un autocar passe devant chacun d'eux à toute allure. Le chauffeur l'emporte aussi quand vous voyagez en famille, transportez des bagages entre les riads, ou voulez partir quand vous le décidez plutôt que quand l'horaire l'autorise. Le calcul est simple : les trains servent à aller de ville en ville ; un chauffeur privé sert aux paysages entre elles.
Le voyage qui fonctionne le mieux pour la plupart de nos clients est hybride. Prenez Al Boraq et les trains intervilles pour les tronçons de ville à ville sur l'axe nord — Tanger, Rabat, Casablanca, Fès, Marrakech — puis passez à une voiture privée pour le désert, l'Atlas et la côte. Vous obtenez le meilleur des deux : la vitesse et la nouveauté du rail là où il brille, et la liberté de porte à porte là où il ne peut atteindre.

Le train est-il confortable et sûr ?
Oui sur les deux points. Les voitures de l'Al Boraq et des services intervilles Al Atlas sont modernes, climatisées et bien entretenues, avec un chariot de rafraîchissements et de la place pour les bagages. Les petits vols sont rares mais, comme dans tout train où que ce soit, gardez vos objets de valeur en vue et une main sur votre sac dans les voitures de seconde classe bondées et dans les gares fréquentées. Les voyageurs solos et les voyageuses signalent régulièrement les trains marocains comme l'un des moyens les plus simples et les moins stressants de se déplacer dans le pays.
La ponctualité est généralement bonne sur Al Boraq et correcte sur les lignes classiques, même si des retards arrivent — prévoyez une petite marge si vous avez un vol en correspondance ou une heure d'arrivée fixe au riad. Les gares de Tanger, Rabat, Casa-Voyageurs, Fès et Marrakech sont propres, modernes et faciles à parcourir, avec une signalétique claire en arabe, en français et souvent en anglais.
En résumé
Le Maroc en train est un vrai plaisir sur l'axe Tanger–Casablanca–Marrakech–Fès, Al Boraq offrant une expérience à grande vitesse de classe mondiale pour le prix d'un sandwich chez vous. Traitez le train comme une partie du voyage, pas comme un simple transport. Mais dès que votre itinéraire bifurque vers le désert, l'Atlas, ou les plus petites villes côtières et de montagne, le rail s'arrête — et c'est là qu'un chauffeur privé gagne sa place.
Si vous mettez au point votre logistique, voyez nos guides sur comment aller de Marrakech à Fès, la panoramique Route des Mille Kasbahs, les transferts privés d'aéroport à Marrakech, et si Uber fonctionne au Maroc. Pour la vue d'ensemble, notre guide d'itinéraire au Maroc et la meilleure période pour visiter le Maroc font le lien. Quand vous serez prêt à combiner le train avec un chauffeur privé pour les parties qu'aucun rail ne peut atteindre, notre planificateur de voyage construit l'itinéraire hybride pour vous.

Écrit par
Youssef El Alaoui
Lead Morocco Specialist
Born in Fes, based in Marrakech. Designs private itineraries for Morocco Beauty Spots and still argues mint tea is best in the Atlas.








